Le salut thaïlandais — un langage social codifié que chaque Thaïlandais maîtrise dès l'enfance.
Le wai (ไหว้) est bien plus qu'un simple geste de politesse — c'est un langage social codifiéque chaque Thaïlandais maîtrise dès l'enfance. Les mains jointes devant le visage, accompagnées d'une légère inclinaison de la tête, expriment simultanément le respect, la gratitude et la reconnaissance du rang de l'interlocuteur.
La hauteur des mains est tout sauf anodine. Mains au niveau du front avec une inclinaison profonde : c'est le wai réservé aux moines bouddhistes et aux images sacrées — le plus respectueux qui soit. Mains au niveau du nez : pour les parents, professeurs, supérieurs hiérarchiques et personnes nettement plus âgées. Mains au niveau du menton : pour les personnes du même rang social ou légèrement supérieures. Mains au niveau de la poitrine : salut poli général envers des inconnus respectables.
En Thaïlande, l'âge prime sur presque tout. Un employé de bureau fera le wai à son collègue plus âgé même si leurs postes sont équivalents. Cette dimension est profondément ancrée dans la conception bouddhiste du respect dû aux aînés, qui ont accumulé plus de mérites au fil de leurs existences.
Le wai n'est pas systématique. En entrant dans un 7-Eleven, chez un vendeur de rue ou dans un fast-food, un simple sourire suffit largement. Les employés de service font parfois un wai automatique — il n'est pas nécessaire de le rendre formellement. Un étranger n'est d'ailleurs pas censé initier le wai : on répond quand on est salué, avec un sourire sincère si l'on ne maîtrise pas le geste.
Les parents thaïlandais apprennent le wai à leurs enfants très tôt — dès deux ou trois ans. Le spectacle d'un bambin exécutant un wai impeccable à un adulte est attendrissant. Ce qui l'est encore plus, c'est la petite mine résignée qui accompagne parfois le geste : les enfants savent très bien qu'ils n'ont pas le choix, et ça se voit. Cette transmission précoce dit beaucoup sur l'importance que la société thaïlandaise accorde au respect des hiérarchies.